Pour faire un peu suite à mon article sur le Schwanome, un autre inconvénient post-chirurgicale: la kératite!

Qu'est-ce que ça mange en hiver? J'sais pas mais ça gruge un oeil, j'vous l'dit! Il y a plusieurs sortes de kératites, sauf que j'ignore laquelle est ma sorte! Il y en a tellement! Mais je sais (parfaitement) comment elle s'est manifestée.

Quand j'étais hospitalisée à l'Enfant-Jésus de Québec, un bon matin avant le petit déjeuner, les médecins-résidents sont venus me rendre une petite visite pour voir comment je me portais avec mon drain lombaire. Et j'avais remarqué que je voyais flou du bas de mon oeil. J'en fait part à ces charmants jeunes médecins, mais à ma grande déception, ils m'ont juste dit que c'était à cause du reste de l'onguent qu'on m'avait mis la veille avec de m'endormir qui flouait mon oeil. Bon! Ça reste là! Mais durant les heures et les jours suivants cette sensation persistait. Et malgré le fait que je mettais des larmes artificielles pour me rincer l'oeil et pour maintenir l'hydratation, rien ne changeait.

Le temps passe, et je sort de l'hôpital, je deviens célibataire et le temps des fêtes (Noël/Jour de l'An) passe. Mais je voyais de plus en plus flou et l'oeil piquait et devenait de plus en plus irrité. Je rencontre mon neurochirurgien le 8 janvier, il me dit qu'il est satisfait de mon état (je l'ai été aussi), et je lui montre mon oeil en espérant que quelqu'un m'écoute enfin et me prenne au sérieux. Il me dit, qu'il n'est pas expert dans le domaine de l'ophtalmologie, mais que ça ressemble à une kératite. Il me fait une feuille d'ordonnance pour un rendez-vous d'urgence avec une de ses collègues. HOURRAAA!!! Je rencontre la spécialiste la semaine suivante (selon la secrétaire, j'aurais dû attendre 3 mois), et elle me dit qu'il était temps qu'on fasse quelque chose!

J'avais une 'lacération' sur la cornée et j'avais un 'je-ne-sais-quoi' (qui ressemble à un nuage), et il fallait me changer d'onguent et me mettre des goûtes plus visqueuses. J'ai aussi eu un antibiotique (vigamox) sous forme de goûtes à me mettre (je ne sais plus combien de fois par jour). Même pas une cuillère à thé dans la p'tite bouteille, et ça coûte environ 25$!!!

Un jour de gros froid de l'hiver, j'oublie d'emmener mes goûtes avec moi à mon rendez-vous chez une physiothérapeute... à mon grand regret, et mon cas empire! En plus mon oeil ne guérissait pas assez vite au goût de mon ophtalmo. et elle décide de me coudre ensemble les paupières de l'oeil gauche. Et j'endure ça pendant 1 semaine. Au bout de cette semaine-là, ça s'est amélioré, mais ce n'était pas parfait. Imaginez l'injection de l'anesthésie locale dans les paupières... Aoutch! Elle me déclare ce jour-là que ça serait bien d'avoir un 'poids d'or' pour aider mon oeil a fermer correctement (puis qu'il ne fermait pas à 100%)... mais il fallait que mon oeil guérisse. À mon grand découragement, ça ne guérit pas. Après un certain temps, elle me recoud les paupières encore, mais pour 1 mois!!! J'ai trouvé le temps long! Et le pire, même après ce mois-là, mon oeil n'était pas guéri! Alors, puisque c'est un problème de cornée, elle m'a mis un verre de contact qui était très mince et qui était plus grand que l'iris. Il fallait que je garde 24heures sur 24 et que je mette ma médication régulièrement (comme toujours).

Puis un jour d'avril 2007, l'état de mon oeil était satisfaisant et la docteure, fait venir un poids d'or... qu'elle devait insérer dans ma paupière pour aider mon œil à rester fermé quand je dors (afin que mon œil se sèche pas). Et c'est à la fin du mois de Mai 2007 que je me fait piquer dans les paupières (pour la dernière fois j'espère). Voici à quoi ça ressemble ce petit objet :  C'est fait en or parce que c'est un métal qui est rarement rejeté par l'organisme humain. Vous auriez dû me voir le lendemain de cette petite chirurgie locale… 'Black eye' pendant 2 semaines! J'ai eu un calmant pour la douleur du 'dégel' et un onguent pour aider à la cicatrisation.

Cependant, malgré tout ce qui a été fait pour sauver mon œil, j'ai encore eu des problèmes! Tandis que j'avais recommencé à travailler, je pensais sincèrement que l'hyper-sensibilité de mon œil me faisait réagir aux foudres de l'air climatisée, de sorte que le blanc de mon œil devenait de plus en plus rouge, ça chauffait (ouille!) et je voyais à nouveau de plus en plus flou. Et j'ai fini par découvrir pourquoi : l'onguent antibiotique ne me convenait pas! Quand j'en mettais sur ma paupière, ça prenait la température du corps et ça coulait dans l'œil, et produisait les désagréments que je vous ai décrits. Puis, je suis souvenue que c'est cet onguent que l'on me mettait dans l'œil avant que l'on découvre que j'avais une kératite. C'est là que j'ai compris pourquoi je me frottais l'œil quand j'étais hospitalisée et pourquoi son état s'aggravait… C'est cet onguent qui en est la cause! Alors, on a changé d'onguent antibiotique (pour du cyloxan) et tout est revenue dans l'ordre.

Aujourd'hui, je vois encore un peu flou, mais c'est beaucoup mieux! J'ai les drains lacrymales bouchés pour aider mon œil à garder rester humide, parce que depuis que je travaille, je ne peux pas me mettre des gouttes aussi souvent que je le souhaite.

Maintenant, si je suis chanceuse, la guérison devrait continuer. Et j'ai bon espoir de produire des larmes naturelles à nouveau... un jour.

P.S. Maintenant, je sais vraiment que les larmes ne servent pas juste pour pleurer!