Voici mon premier article sur la santé. C'est également une chose dont j'ai été victime et c'est à 33 ans que c'était le temps d'y mettre un terme. Il s'agit du neurinome acoustique, dite schwanome (parce que la tumeur dérive des cellules de Schwann qui produit la protection des fibres contenues dans les nerfs). Ce n'est pas une tumeur cancéreuse puisqu'on ne se sent pas malade en tant que tel, mais apporte bien des inconvénients. Si elle est diagnostiquée assez tôt (ce qui n'a pas été mon cas), dépendant de comment l'individu(e) vivra cette expérience, ça pourrait ne pas être trop mal. Mais sa cause est encore inconnue. 
Ce genre de problème atteint particulièrement (on ne sait pourquoi) les femmes entre 40 et 60 ans. Mais j'ai 34 ans! Il se trouve que je suis un cas spécial selon les médecins que j'ai rencontré. Ils ne comprenaient même pas pourquoi ma tumeur de (un peu) plus de 4 cm de diamètres ne m'affectait pas tant que ça (à part mon acouphène et la baisse de l'audition à l'oreille gauche). En fait ça m'affectait de plus en plus, mais je vivais avec. Ce que ça fait généralement, c'est que ça comprime progressivement le cervelet et le tronc cérébral. Mon cortex était dévié… ce qui me faisait mal au cou (surtout le soir quand j'étais fatiguée). J'avais aussi des problèmes d'équilibre de plus en plus gênant pour mes fonctions. Et des étourdissements plus prenants quand je regardais chaque côté de la rue avant de traverser. J'étais aussi devenue facile à irriter (peut-être à cause du stress lié à l'inquiétude qui m'habitait concernant ma santé).
Ah! Et puis, je bégayais aussi… mais pas le genre de bégaiement qu'on entend d'habitude (qui est vraiment un trouble de la parole). Et le côté gauche de mon visage était moins sensible comparé au côté droit.
Il y a deux moyens d'éliminer une tumeur de cette nature: la radiothérapie (si la tumeur est petite) ou la chirurgie. La deuxième option était nécessaire à cause de la taille de la tumeur. Ma chirurgie a duré environ quinze heures. Mon médecin en ORL m'a endormi et ouvert la tête (derrière l'oreille).
Et le neurochirurgien a retiré la tumeur en essayant de ne pas trop toucher à mes nerfs faciaux. Ils considèrent ma chirurgie comme une réussite… et je peux être d'accord car malgré ma paralysie faciale (qui s'estompe graduellement), je n'ai pas été trop «défigurée».
Il parraît que ça ressemble à un morceau de gras de poulet!?!! 
Mais les symptômes post chirurgicales n'ont pas été très drôles!
L'espace (enfin) disponible dans mon crâne a entraîné des troubles PIRE qu'avant ma chirurgie! De très gros étourdissements (qui donnent le mal de mer), l'absence de production de larmes à l'œil gauche avec une difficulté à fermer ce même œil, difficultés à ouvrir la bouche (et à manger) et faiblesses au côté gauche de mes membres… entremêlé de manque de dextérité manuelle. Et enfin, une surdité totale de l'oreille gauche car le nerf auditif de l'oreille interne est foutue!
Autres conséquences: j'ai fait de l'hydrocéphalie, une méningite et une kératite à l'œil gauche à cause du manque de larmes et aussi (ça, c'est de ma faute) parce que je me frottais les yeux. Et plus tard, on a découvert que mon œil est hypersensible aux agressions extérieures. Il a fallu que je fasse de la physiothérapie pour que je recommence à marcher correctement et de l'ergothérapie pour que je fonctionne le plus normalement possible à nouveau. J'ai été un mois et demie hospitalisée et six mois arrêtée de travailler (en convalescence). Comme un malheur n'arrive jamais seul, mon conjoint m'a laissé deux semaines après ma sortie de l'hôpital. Alors, j'ai été dépressive.
Mais j'ai combattu cette tristesse.
Maintenant, je suis capable de sourire (égale), j'ai recommencé à travailler et... je suis LIBRE! Je me sens mieux! J'ai encore des petits inconvénients, mais je ne m'y arrête pas! Je fais attention tout simplement. Et quand j'y repense, je me dit que c'est la meilleure chose qui me soit arrivé car si je n'aurait pas été opérée, j'aurais probablement été paralusée dans tout le corps ou j'aurais tout simplement «crevé»! Autrement dit, j'aurais arrêté de jouir de la vie. Mais ça n'arrivera pas (tout de suite, j'ai encore du temps devant moi) Je suis suivie par des médecins pour s'assurer de ma guérison. J'ose imaginer que mon cas sera cité dans les universités (lol). Mon plus gros problème maintenant, c'est mon oeil gauche. Ça guéri (très) lentement, mais sûrement. Mais ça demeure fragile. J'en parlerai plus tard...
En attendant, un petit conseil: si vous croyez avoir un ou plusieurs symptômes que j'ai nommé plus haut, consultez un médecin! 

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